Augmentation, es-tu là… Dame fortune fait la sourde oreille ? Négociez avec votre manager !

Une fois l’an, votre direction collecte les demandes de revalorisation de salaire. Cette année, c’est décidé, vous solliciterez une augmentation circonstanciée. Comment passer du rêve à la réalité ?

Dressez la liste de vos missions et succès

Toute négociation repose sur une relation gagnant/gagnant. Pour espérer obtenir une augmentation supérieure à la revalorisation annuelle accordée à tous les salariés de votre entreprise (ou presque), vous devez mettre en avant vos succès de l’année.

Pour mieux vous approcher de la réalité :

  • listez tous vos travaux et classez-les par catégories ;
  • isolez, dans chaque catégorie, une ou deux actions à fortes valeurs ajoutées mises en œuvre au cours de l’année précédente ;
  • indiquez votre degré d’autonomie (travail sous validation d’un/e collègue ou d’un responsable, travail avec délégations totales et prises de décisions…) ;
  • précisez le bénéfice pour l’entreprise (par ex. : la mise en place de la newsletter en interne permet à l’entreprise d’économiser x k€ par an. Ou bien, la réorganisation du classement s’est traduite par une diminution de x% des interruptions et une progression de x% de productivité. Le portail collaboratif créé par vos soins a diminué de x % les incidents et pertes de temps liés à l’utilisation de formulaires ou procédures obsolètes…). Vous avez renégocié les tarifs avec un fournisseur et diminué les frais de déplacement de x %. Un/e collègue absent/e n’a pas été remplacé/e et vous assumez 40% de ses missions en plus des vôtres…

En parallèle, comparez vos missions réelles avec celles indiquées sur le profil de poste officiel de votre fonction (s’il en existe un).

Résumez votre analyse

En partant du profil de poste officiel de votre fonction, et au regard de la fourchette de rémunération fixée dans la grille salariale de votre entreprise (rémunération basse et haute), situez votre salaire actuel exprimé en k€. Si la grille est non consultable, demandez au service RH de vous indiquer les fourchettes appliquées à votre poste.

Exemple : mon salaire se situe à +x % de la rémunération basse et à -x% de la rémunération haute.

Ensuite :

  • évoquez en vous appuyant sur des faits précis, les missions complémentaires dont vous avez la charge ;
  • situez votre degré de responsabilité ;
  • quantifiez les bénéfices acquis par votre entreprise grâce à vos actions (appuyez-vous sur des chiffres précis et vérifiables).

Situez votre salaire sur le marché

Outre les grilles internes des salaires de votre entreprise, si elles sont accessibles, consultez les dernières études de rémunération publiées par les agences et cabinets de recrutement de renom.

Pour simplifier votre analyse, Activ’Assistante vous propose de découvrir les rémunérations dans l’assistanat et les métiers périphériques.

Estimez le % de revalorisation possible

Votre rémunération brute annuelle est en deçà des salaires rencontrés dans votre profession (cf. ci-devant les études de rémunérations et les grilles salariales de votre entreprise) ? Selon vos années d’expériences et au regard de vos plus-values et succès, demandez à atteindre ou à dépasser la fourchette basse (selon l’écart à combler).

Votre rémunération se situe au centre des deux extrêmes, ou s’approche de la fourchette haute ? Seules les économies réalisées par votre entreprise grâce à vos efforts tout au long de l’année peuvent faire pencher la balance. La balle est dans votre camp. Si aucune mission phare ne peut être citée, observez vos objectifs 2015 et repérez ceux que vous pourrez mettre en valeur l’an prochain. Tout vient à point à qui sait attendre.

Sollicitez un rendez-vous auprès de votre manager

Même si les demandes doivent être établies par courrier, « sollicitez votre manager direct et indiquez-lui le sujet de l’entretien. Bien entendu, évitez les périodes de pressions professionnelles ou les pics d’activité » précise Noëmie Cicurel, Director d’OfficeTeam. Vous saurez, mieux que quiconque, choisir le bon moment. Mais attention, soyez prêt(e) pour le cas où il accepte de vous recevoir tout de suite ! »

Structurer votre discours

Le moment venu, et d’entrée de jeu, refoulez la phrase « je vous prie de bien vouloir m’excuser de vous déranger, mais j’ai besoin de faire le point sur mon salaire ». Au contraire, remerciez-le du temps qu’il accepte de vous accorder et précisez que vous serez factuel(le). Votre demande est légitime, restez calme », conseille Noëmie Cicurel.

Si votre courrier est prêt, remettez-le-lui en précisant que quelques points sont à étudier avec lui puis engagez le dialogue. En revanche, laissez en « blanc » le % d’augmentation (ou la fourchette). Vous pourrez compléter ces informations ensemble. Qui sait, il sera peut-être plus généreux que vous.

Si vous venez les mains vides, « avancez de trois à cinq arguments clés et circonscrits dans le temps pour appuyer votre demande. Exposez bien vos réalisations tout en restant factuel(le) et concentrez-vous sur le sujet du moment, vous et vos succès, et rien d’autre ». ajoute Noëmie Cicurel,

Si le stress vous envahit malgré tous vos efforts, notez vos échanges. Votre bloc et votre crayon vous donneront de l’assurance, et votre attitude très professionnelle va rassurer votre interlocuteur.

Demande une augmentation a faire à éviter 

Il a dit oui ? Merci. Il a dit non… maîtrisez vos émotions

À ce stade, attendez-vous à être confronté(e) à l’une de ces trois situations :

>> Vous avez gagné(e) ! Remerciez votre interlocuteur pour son écoute et pour son geste. Ce n’est pas un dû.

>> Votre interlocuteur ne peut accéder à votre demande. Rebondissez et proposez d’autres alternatives : échelonner l’augmentation, obtenir une prime, un bonus, aménager votre temps de travail, obtenir une formation, bénéficier d’avantages comme un ordinateur portable ou un téléphone de fonction…

>> Vous avez fait chou blanc. Questionnez-vous sur les raisons qui ont motivées ce choix (votre manager et/ou l’entreprise ne peut pas OU ne veut pas) ? Bien entendu, ajoute Noëmie Cicurel « évitez les conclusions hâtives et toute réaction sous le coup de l’émotion. Cette augmentation est-elle vitale pour vous ? Aura-t-elle une influence sur votre motivation » ?

« Quelle que soit la tournure de l’entretien, il est crucial de demeurer dans une posture strictement professionnelle, sans jamais donner de dimension personnelle et conflictuelle à l’échange ».


L’avis d’expert

Olivier Gélis Directeur Général de Robert Half France
Olivier Gélis Directeur Général de Robert Half France

« Demander une augmentation est une démarche engageante pour le salarié. Pour que cette demande soit entendue, elle doit être aussi légitime qu’argumentée. Le rendez-vous avec le manager, dans le fond comme dans la forme, doit montrer et démontrer le professionnalisme du demandeur » conseille Olivier Gélis, Directeur Général de Robert Half France. « Si le salarié n’obtient pas satisfaction, il ne doit pas se démotiver mais travailler sur les points d’amélioration indiqués par son manager, ceux qui sont susceptibles de lui permettre d’obtenir une augmentation tout en maintenant sa performance. Les résultats obtenus doivent toujours être à la hauteur des prétentions. »