Burn-out : le comprendre et faire face

Quelques jours après les conférences « Burn-out : prévenir l’épuisement professionnel » et « Du burn-out au bien-être : La résilience et l’optimisme face aux épreuves » qu’il a animé aux Salons Activ’Assistante et Réunir-Meedex, découvrez avec Arnaud Joubaire un sujet qui fait couler plus de larmes que d’encre.

conferences en ligneTravail et burn-out : le duo maléfique ?

Élisabeth Durand-Mirtain, pour Activ’Assistante : vous avez animeré deux conférences* aux Salons Activ’Assistante & Réunir France – Meedex international qui évoquent le burn-out. Existe-t-il une définition du burn-out et comment détecter ce mal-être ?

Arnaud Joubaire : En raison des limites incertaines d’un burn-out, il est difficile de dresser un tableau clinique précis. Celui-ci peut s’apparenter soit à un trouble de l’adaptation, soit à un état de stress post traumatique, soit à un état dépressif. Cependant, les facteurs du burn-out sont ceux des risques psycho-sociaux : exigences du travail, exigences émotionnelles, manque d’autonomie, manque de soutien social et de reconnaissance, conflits de valeur, insécurité de l’emploi et du travail et ceux liés à la personnalité du sujet. C’est pourquoi, la définition du burn-out reste complexe. Toutefois, j’aurai l’occasion d’en proposer deux descriptions lors de la conférence qui m’apparaissent être explicites.

Burn-out et statistiques : vers la fin du mal du siècle ?

Elisabeth Durand-Mirtain : quel constat faites-vous depuis que vous « traitez » du sujet ? Amélioration ? Dégradation ? Existe-t-il des statistiques fiables à ce sujet ?

Arnaud Joubaire : « mon constat est subjectif car il s’agit d’une maladie professionnelle difficile à reconnaître. Comme beaucoup, j’en entends de plus en plus parler et je vois ou côtoie de plus en plus de personnes qui en souffrent, notamment les personnes que j’accompagne en coaching. Malgré tout, j’estime que ce fléau est en augmentation au même titre que les cas de maladies chroniques. Pour ces dernières des chiffres existent et ils sont en progression constante depuis 15 ans.

Des chiffres estimés

Les données épidémiologiques sur l’épuisement professionnel sont à ce jour très insuffisantes. Cette défaillance est la conséquence logique des difficultés à poser avec précision les limites de ce mal-être.

Pourtant, de nombreux chiffres circulent. Ainsi, un cabinet spécialisé dans la prévention des risques professionnels annonçait au début de l’année 2014 le chiffre de 3 millions de sujets concernés par le burn-out en France. Plus récemment, l’Institut de Veille Sanitaire estimait que la part du burn-out représentait environ 7 % des 480 000 salariés en souffrance psychologique liée au travail, soit un peu plus de 30 000 personnes. Selon certains députés, l »épuisement professionnel toucherait plutôt entre 200 000 et 500 000 personnes par an. Néanmoins, ces chiffres restent des estimations, il n’y a pas encore de statistiques très fiables. Selon les dernières estimations de l’Assurance maladie publiées en janvier 2018, 10 000 cas d’affections psychiques ont été reconnues au titre des accidents du travail avec arrêt. Ce qui est certain c’est que le coût du burn-out pour la société « se chiffre en milliards d’euros ».

Une réalité qui perdure

Cependant, et sur le terrain, le burn-out tel qu’il est décrit aujourd’hui existait déjà hier. On a changé de paradigme. Mais quel que soit son nom, l’épuisement professionnel reste avant tout un mal-être profond. Chacun de nous doit en prendre conscience pour agir à titre personnel avant le clash. Ou bien, agir pour les autres quand on en est le témoin ».

Pour en savoir plus sur le burn-out et agir à temps et avec discernement

Retrouvez les conférences d’Arnaud Joubaire dans quelques jours…

Burn-out : prévenir l’épuisement professionnel 

Du burn-out au bien-être : la résilience et l’optimisme face aux épreuves 

Arnaud Joubaire - conferences burn-out - salon activ assistanteCoach et formateur spécialisé dans les thèmes touchant au stress et au burn-out, Arnaud Joubaire s’intéresse au concept du stress et aux risques psycho-sociaux depuis de nombreuses années. Invité à comprendre le burn-out alors qu’il travaillait dans un cabinet spécialisé, il ne se doutait pas qu’il allait lui-même vivre ce type d’expérience. La raison de son engagement à réaliser des conférences ou des formations sur ce thème découle du fait qu’il a traversé cette épreuve et qu’il l’a surmontée. « Il m’a fallu près de quatre ans pour assurer une résilience ″complète″. J’en connais désormais les concepts mais surtout j’en ai un vécu personnel. Je dis souvent qu’un ″expert est quelqu’un qui a vécu des situations difficiles et qui s’en est sorti″. De ce fait, je pense, avoir une légitimité sur le sujet et pouvoir transmettre cette expérience ».

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