Crise de vœux, 3 erreurs à éviter…

Face à l’impensable, les vœux des entreprises françaises ont été impactés. Ceux postés les 7 et 8 janvier sont arrivés chez des clients bouleversés par les actualités. Puis les vœux de l’après-attentat et de l’avant prise d’otages ont été envoyés ; suivis des vœux de l’après 11 janvier. Aujourd’hui, nombre de sociétés bloquent encore leurs cartes. Leurs vœux sont-ils morts nés ? Faut-il les envoyer ? Muriel Jouas, expert et coach en gestion de crises en entreprise et consultante en développement personnel, vous explique comment satisfaire à une tradition, quand l’horreur bouleverse une nation.

Muriel-Jouas-Decrochez-la-lune… jeter vos vœux au panier

« En communication, tout communique. Même le silence » explique Muriel Jouas, consultante au sein de la société Com2Crise et GERESO.

« Si vos cartes sont prêtes, il serait dommage de les mettre au panier. Mais une fois votre décision prise, une autre plus complexe s’impose : faut-il évoquer les événements ou bien les taire ? ».

… faire du silence une stratégie

Depuis le 12 janvier, la valse des vœux a repris son cours. Les plus remarqués évoquent-ils discrètement les attentats, l’espoir de jours meilleurs, le vœu d’un Monde serein ?

Pour Muriel Jouas « les vœux les plus remarqués et surprenants seraient ceux qui passent sous silence les événements.  Agir comme si de rien n’était serait incompréhensible », car dans l’esprit des lecteurs, toutes les suppositions seraient ouvertes.

… trop en faire

« Pour les vœux à publiposter, rédiger un message en lien avec les événements, l’imprimer sur un calque et le glisser dans les cartes est, de loin, la solution la plus sage » conseille Muriel Jouas.

« Toutefois, évitez les clichés, les dessins pseudo humoristiques et les positions sans lien avec votre métier. Votre message doit véhiculer ou rappeler les valeurs de votre entreprise. Ce peut être, aussi, une citation choisie avec soin. Mais rien ne doit heurter vos contacts ».

« Pour les vœux électroniques, un message personnalisé doit accompagner l’e-carde ou la vidéo. En gardant à l’esprit, là aussi, que trop en faire peut être mal perçu ».

Ainsi, précise Muriel Jouas : « sur vos enveloppes ou vos emails, l’hashtag jesuischarlie n’est plus forcément utile. Vous pouvez, au moment du choc avoir été Charlie. Vous pouvez, pendant les trois jours de deuil national avoir été Charlie. Vous pouvez, encore aujourd’hui être Charlie, car des valeurs qui vous sont chères ont été assassinées. Mais pour autant, vous pouvez ne pas aimer les dessins de Charlie Hebdo et les trouver choquants. Et vos contacts peuvent partager votre vision, ou pas. La prudence s’impose donc, car cette fois-ci, c’est l’image de votre entreprise qui peut être touchée ».