Les assistantes peuvent-elles être soudoyées avec du chocolat ?

Billet d’humeur | Trop c’est trop ! Pour la énième fois dans un livre sur les postures extrêmes adoptées par certains salariés au bureau, les assistantes de direction sont évoquées avec un mépris tangible. Vite, dans quel livre ? Là n’est pas la question, on en taira le nom. Mais le portrait dressé choque d’autant qu’il rejoint celui d’autres ouvrages où les mêmes inepties sont reconduites. Désinformation ? Manque d’imagination ? Ou les deux à la fois !

95 % des profils présenté dans ce livre sont affublés d’un surnom, mais l’assistante de direction reste « l’assistante de direction » !

Dans les ouvrages de vulgarisation* censés analyser les comportements humains au bureau, des dizaines de profils défilent et soulignent un trait de caractère ou une attitude récurrente. Tire-au-flanc et gourmands y côtoient allègrement renards ou endormis de service… Les noms changent, mais la recette reste la même.

Viennent ensuite (pourquoi eux ?), trois métiers incontournables ou presque : l’assistante de direction barrage, le banquier prince des voleurs et l’expert-comptable pingre. Bonjour les clichés !

Le coup d’colère de la rédaction : caractériser une profession en pointant la mission la moins agréable de tous ses rôles est réducteur. Mais… lisez la suite, le pire est à venir.


Dessins et croquis des assistantes : un peu d’humour (noir)

Si les illustrations sont rares dans les livres (ça coûte cher), les assistantes de direction sont souvent esquissées. Parmi les classiques du genre : la vieille dame sombre portant lunettes et chignon, ou la bécasse court-vêtue perchée sur des hauts talons. Dans « le livre-dont-on-tait-le-nom », l’assistante est, saluons la nouveauté (?), un Doberman !

Imaginez ! L’assistante (dont « le museau » peu avenant pointe au guichet d’une niche enchaînée à un mur) garde l’imposante porte d’une Direction Générale. Dernier coup de massue (il en fallait un), une pancarte indique : « Attention à l’assistante de direction ». La messe est dite.

Le coup d’colère de la rédaction : c’est bête et très méchant, même si ça change des mégères et des fashions victims.

En revanche, et pour le coup, dans ce billet d’humeur (une fois n’est pas coutume), le Doberman , c’est moi !


Mais… de QUI l’auteur parle-t-il ?

Si l’on en croit l’auteur du « livre-dont-on-tait-le-nom », l’assistante de direction :

• se mêle de tout (et surtout de ce qui ne la regarde pas) ;

• s’exprime au nom de son manager (sans lui demander son avis) ;

• répète ce qu’elle entend (et ajoute ses commentaires) ;

• peut être amadouée par un coffret de 25 chocolats assortis, plutôt noirs (et de la meilleure marque).

Le coup d’colère de la rédactionpensez-vous vraiment qu’une assistante de direction a le temps de s’adonner à des bavardages inutiles ?

Toujours bilingue, parfois trilingue, une assistante de direction organise ou facilite le travail de son dirigeant, président ou directeur. Ce qui sous-entend qu’elle comprend les enjeux liés aux dossiers qu’il traite. Parfois, elle peut même être amenée à l’assister dans la préparation de certains documents.

Son rôle secondaire exigé ? Supprimer tout grain de sable susceptible de faire perdre du temps à son responsable. Et tant pis si, au passage, le grain en question est un inopportun bavard qui aime s’écouter parler.


Dans la vie, y’a pas qu’le chocolat !

Maintenant, s’il est possible de rire de tout, si chacun peut écrire ou dessiner ce qu’il veut, ouvrons le débat et… parlons de chocolat.

Faut-il, comme l’auteur « du livre-dont-on-tait-le-nom » : « soudoyer » les assistantes de direction et leurs offrir du chocolat pour les « amadouer » ? Vu sous cet angle, le geste est méprisable.

L’avis de la rédaction : toute marque de reconnaissance, aussi infime soit-elle, est toujours la bienvenue : « Merci de m’avoir aidé/e hier », « Le dossier untel était parfait ». Mais ces mots, rassurez-vous, sont appréciés par tous et à tout âge.  Ça s’appelle du feedback positif, de la reconnaissance, de la politesse ou de la gentillesse.


* ouvrages de vulgarisation non rédigés par des psychologues, chercheurs, sociologues ou coachs certifiés