Les traducteurs de langues sont-ils fiables ?

Sur le Net, l’usage de traducteurs de langues est fréquent. Dans le Pack-Office de Microsoft, un traducteur est disponible. Quel que soit le traducteur utilisé, la traduction est-elle fiable ? Découvrez les réponses de Valérie Dancelme, traductrice au parlement européen, interviewée sur le stand « Traduire l’Europe » au salon Expolangues.

Peut-on confier la traduction complète d’un texte à une machine ?

« A priori, non car il faudra ensuite effectuer un contrôle rigoureux du texte pour en vérifier le sens » explique Valérie Dancelme, traductrice au parlement européen. « À ce jour, il existe des logiciels – et non des gratuiciels – capables d’effectuer certaines traductions techniques, mais ils effectuent une transcription au mot à mot et le sens est souvent perdu. En revanche, l’usage des traducteurs est intéressant pour effectuer une veille technologique et isoler des textes intéressants. Dans ce cas, seuls les textes dont le contenu est à retenir seront confiés à une personne en capacité de traduire le texte d’origine ».

Quid des traducteurs gratuits ?

« Je connais mal ce type d’applications, mais un certain bon sens m’invite à penser que toutes les langues ne sont pas logées à la même enseigne. Parfois la structure de la langue ne s’adapte pas à la traduction automatique. Pour bien faire, il faudrait auparavant définir ce qui est traduisible ou non par la machine. Puis concentrer ensuite son attention autour de ce qui n’est pas traduisible. Ce qui, pour finir, exige une bonne maîtrise de la langue d’origine ! »

Dans ce cas, pourrait-on dire que les deux concepts sont complémentaires ?

« Pour l’instant, nous n’en sommes pas encore là. Certes, des progrès ont été faits, mais une machine reste une machine. Sur certains textes, très techniques et sans grammaire, le résultat pourra être plus ou moins fiable. Pour les textes d’analyse où la grammaire est omniprésente, un logiciel est incapable de suivre le sens ».

En conclusion, traduire à l’aide d’un logiciel en première intention et reformuler le texte réceptionné pour le lisser est une opération risquée. Lors de la première traduction, la machine peut passer à côté de subtilités importantes, et la reformulation changer les propos de l’auteur. Donc, aboutir à des « non sens ».