Parlez-vous anglais… sans le savoir?

Les langues vivantes sont, par définition, amenées à vivre et donc à évoluer. Depuis toujours, elles s’enrichissent d’un vocabulaire provenant de langues étrangères. Ainsi, l’anglais et le français s’offrent mutuellement des mots qu’utilisent ensuite les anglophones et les francophones sans s’en rendre compte : les Anglais organisent par exemple des « rendez-vous » lorsque les Français regardent le nom du « barman » sur son « badge ».

Cependant, nous employons également dans notre langage quotidien des mots d’origine anglaise… alors qu’ils ne sont pas du tout entrés dans la langue française. Certes, nous pensons bien faire, mais nous commettons des erreurs en utilisant certains anglicismes. Découvrez le premier billet d’une série qui vous présentera quelques-uns de ces néologismes pour ne plus vous tromper.

>>> Commençons par l’emploi du mot « définitivement ». Cet adverbe existe bel et bien en français, mais il est trop souvent utilisé à la manière de « definitely », son homologue anglais. « Définitivement » s’emploie pour marquer le caractère définitif de quelque chose, comme dans : « Après son passage en appel, l’affaire a été définitivement jugée. » Il ne s’emploie pas dans le sens anglais de donner plus de poids à une réponse affirmative. Ainsi, on préférera un « oui, bien sûr » ou « oui, absolument », à un « oui, définitivement ».

>>> Certains anglicismes sont plus faciles à repérer que d’autres. Comme, par exemple, toutes les expressions nées autour de « business », comme le « sport business » ou le « charité business ». Elles ne sont pas françaises et devraient être évitées. C’est également le cas pour les expressions en « friendly » comme « eco-friendly ». Dans tous les cas, on leur préférera des formes comme « exploitation commerciale » ou « respectueux, ouvert, accueillant ».

>>> Il y a enfin ces mots qui se sont installés dans certains milieux, professionnels en particulier, et qui y sont couramment employés alors qu’ils continuent de sonner faux aux oreilles de la plupart d’entre nous. « Avant la deadline, vérifiez bien si aucun des membres n’est blacklisté avant de les dispatcher dans les différents services ». L’utilisation de ces anglicismes est d’autant plus étonnante qu’ils viennent se substituer à des termes français très clairs : échéance, écarté ou sur liste noire, distribuer ou répartir.

Alors, soyons malins et respectons la langue française dans sa richesse. Nous reviendrons prochainement sur de nouveaux anglicismes qui irritent notre quotidien. D’ici là, bye-bye !

À propos de…

Érick Hostachy est responsable de la communauté des utilisateurs du Projet Voltaire. Projet Voltaire, service en ligne de remise à niveau personnalisée en orthographe, n° 1 avec plus d’un million d’utilisateurs dont 200 entreprises et 300 établissements d’enseignement. Le Projet Voltaire est partenaire de la FFMAS.

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