Coaching professionnel : faut-il être force de proposition ?

Outil de management de crise, le coaching professionnel tel qu’il est pratiqué en entreprise est une prestation à forte valeur ajoutée. Bien mené, il peut avoir des bénéfices rapidement mesurables sur l’organisation quand un dirigeant, manager ou collaborateur y a recours.

Activ’Assistante – Quand devient-il nécessaire de faire appel à un coach professionnel ?

BT_photo_BERANGERE TOUCHEMANN_sBérangère Touchemann – «En général, un coach d’entreprise est consulté quand une difficulté est rencontrée à titre individuel ou au sein d’une équipe dirigeante : prise de décision complexe, (re)définition nécessaire de la vision, motivation des collaborateurs, perte de performance, restructuration difficile, problèmes liés à la charge de travail, mauvaise organisation et gestion du temps, déploiement d’un nouvel outil avec résistance des salariés à la clé, ou conflits récurrents…

En résumé, quand il devient nécessaire de gérer une situation de crise qui impacte sur le travail d’équipe».

Pour le ou les intéressé(s), se voir proposer un coaching est-il flatteur ou non ?

« Bien qu’il s’agisse d’une marque de reconnaissance, au regard des coûts engagés pour conduire une telle prestation, les personnes coachées ont une tout autre perception de la situation. Pour elles, la mise en place d’un accompagnement est le témoignage d’une insatisfaction de la part de leurs hiérarchies.

Le réflexe des salariés mal informés sur la nature d’un processus de coaching est de se dire « on me propose l’assistance d’un coach, car je travaille mal ». Accepter un coaching serait donc un aveu de faiblesse…

Autre motif à l’origine du malaise : l’amalgame entre le coaching et la psychothérapie ou la psychologie. Il n’en est rien ! Le coaching n’est pas une « analyse ». C’est une méthode de questionnement dynamique qui permet au coaché de trouver ses propres solutions. Le but du jeu est de le rendre autonome sur la suite des événements, riche de ses nouvelles compétences ».

Quels conseils donneriez-vous à un/e assistant/e qui aimerait inviter un manager à faire coacher un salarié sans le vexer ?

« Difficile parfois de ménager les égo. Mais quand un comportement cause du tort à l’entreprise, un/e assistant/e doit pouvoir aborder le sujet et proposer des solutions. Évoquer le coaching en cas de problèmes majeurs en fait partie.

Proche des équipes et des managers, un/e assistant/e est à même de détecter un besoin d’accompagnement individuel pour un collaborateur, un cadre ou un supérieur hiérarchique débordé par une situation.

Dès lors, il ou elle peut proposer que le coaching soit une option possible à choisir à l’issue des entretiens annuels, ou qu’il soit considéré comme une alternative aux traditionnelles formations qui découlent de ces EAE. Ainsi ce sont les managers qui le proposeront ou le solliciteront naturellement.

Pour faire gagner du temps à son responsable ou au service concerné (le donneur d’ordre est souvent la DRH, ou la DG), l’assistant/e peut aussi leur indiquer des profils de coaches et les inviter à finaliser leurs choix ».

Que faire si la personne en difficulté veut rester discrète ? Ou si, dans votre entreprise, le coaching est mal perçu ?

« Si le coaching ne fait pas partie de la politique de développement RH, il est tout à fait possible de suggérer à quelqu’un de se faire accompagner en externe, de sa propre initiative.

Dans ce cas, il suffit de repérer sur internet des articles rédigés par des coaches-blogueurs qui abordent les problématiques utiles à la personne concernée (gestion du stress, comportement générant du conflit…) et à les lui soumettre. Ainsi guidée, elle pourra s’ouvrir à l’idée d’un accompagnement… et en tirer, à terme, des bénéfices durables si elle franchit le cap décisif : choisir de se faire coacher ».

 

Note de la rédaction : Bérangère Touchemann est consultante en management, formatrice et coach d’entreprise. Elle est fondatrice du cabinet Touchemann & Co et tient un blog sur le sujet du coaching, du management, et du développement RH.

© Olivier Le Moal