Faut-il vous plier à toutes les exigences de votre manager ?

Embarrassé(e) par une demande urgente formulée par votre manager, vous êtes pris(e) entre deux feux. Pouvez-vous lui refuser votre aide et lui dire non ? Devez-vous vous plier à toutes ses exigences pour lui faire plaisir ? Parce que c’est LA Crise ? Parce que vous êtes obligé(e) de tout accepter ? Parce que monter au front vous épuise d’avance ? Parce que, parce que…

Découvrez les conseils de Gaëlle Marre, directrice associée d’OfficeTeam® à travers deux situations courantes.

Ce dossier est à boucler pour… avant-hier !

office_team_gaelle_mareMême accompagnée d’un grand sourire, cette boutade ne vous fait plus rire depuis longtemps. Dans les faits, la mission à réaliser est si urgente qu’il vous faudra vous atteler à la tâche à l’instant même, sauter la pause déjeuner, louper une réunion (importante), sortir le plus tard possible et peut-être même fignoler le tout chez vous, tard dans la soirée.

Pourtant, plier l’échine et repousser le temps pour accomplir une mission sur le fil est une erreur de tactique. Certes, le travail sera fait, mais à quel prix ? Au-delà des tensions engendrées, la précipitation pourrait être source d’erreurs et votre dévouement risque de vous desservir.

L’attitude à adopter : « Face à une demande urgente à accomplir dans des délais impossibles à tenir, un oui précipité est risqué » explique Gaëlle Marre. « En premier lieu, précisez que vous êtes ravi(e) d’être associé(e) à ce travail ou projet. Ensuite, évaluez de façon précise le temps nécessaire à son exécution et exprimez tout de suite vos doutes si l’échéance risque de poser problème. Dans l’idéal, cette discussion franche pourrait amener votre supérieur à réfléchir sur la façon dont il pourrait, même légèrement, repousser le délai fixé et/ou constituer une équipe pour répartir le travail ».

Votre collègue s’embourbe, pouvez-vous m’aider à finir ce dossier ?

« Si la situation est nouvelle et exceptionnelle, rendre service à votre manager est l’attitude à adopter, car sa demande est un signe de confiance », explique Gaëlle Marre.

Toutefois, poursuit-elle, « s’il s’agit de situations répétées, la donne change. En bousculant de façon régulière et à la dernière minute votre propre planning de travail, tout accepter sans négocier vous confine dans un cercle infernal ». À ce petit jeu, votre collègue ne changera jamais son mode de fonctionnement puisque vous rattrapez toujours le coup ; et votre manager n’aura aucune raison de faire évoluer la situation puisqu’il peut compter sur vous !

L’attitude à adopter : quel que soit le cas, « refuser une mission en pleine urgence nuirait à votre image » précise Gaëlle Marre. « Plutôt que d’opposer à votre manager un non définitif, acceptez ce sauvetage de dernière minute, mais rappelez, au passage et avec tact, que votre propre travail prendra du retard». Au besoin, déterminez ensemble quelle autre échéance pourra souffrir d’un retard.

Une fois l’urgence traitée « faites le point avec votre manager pour étudier la situation et éviter les blocages de dernières minutes » conseille Gaëlle Marre.

Pour autant, il n’est jamais facile de dire non à son manager…

Dossiers urgents à réaliser ou pas, les situations qui vous conduisent à devoir en faire de plus en plus sont légion. « S’il est difficile de dire non à son manager, il faut garder à l’esprit qu’il n’a peut-être pas pris conscience de votre charge de travail » précise Gaëlle Marre.

Certes, « il faut savoir prendre sur soi lorsque la situation l’exige » poursuit-elle. Toutefois, « cela ne signifie pas que vous devez accepter toutes les demandes déraisonnables sans ciller, et ce, même si elles émanent d’un supérieur hiérarchique ! » Le dialogue doit rester de mise. Attention toutefois, votre exposé de la situation doit rester factuel et professionnel ». Appuyez-vous sur des faits, des chiffres et gardez le sourire en ajoutant « si je dois travailler un certain temps à ce rythme, pourrions-nous trouver un arrangement pour être plus efficace durant cette période ?» conseille Gaëlle Marre.

« Les faibles ont des problèmes, les forts ont des solutions » affirmait Louis Pauwels. Inscrivez-vous dans ce schéma avant de dire non et soyez « force de propositions » !